Association AMAM Myopie
L’association AMAM (association maculopathie myopique) est une association de patients (loi 1901) dont le but est d’aider les patients souffrant de myopie forte. Cette association regroupe des patients de tout âge souffrant de myopie forte et dispose d’un comité scientifique. Le but de cette association est d’informer les patients myopes forts (correction optique de -6 dioptries ou plus) des complications potentielles associées à la myopie forte (atrophie, néovaisseaux, rétinoschisis, décollement de rétine…), de les aider dans leur vie quotidienne, en militant par exemple pour une meilleure prise en charge des lunettes ou des lentilles, ou des appareils de basse vision, et de les fédérer autour de leur pathologie afin qu’ils ne se sentent plus isolés.
En France, 2% de la population souffre de myopie forte, et 0.5% de la population souffre de myopie très forte (plus de -10 dioptries de correction optique). De plus les perspectives épidémiologiques laissent entendre un doublement des cas de myopie forte d’ici 30 ans, en rapport avec les modifications de nos modes de vie (travail de près, utilisation des smartphone..).
Il s’agit donc d’un véritable enjeu de santé publique.
« Épidémie » de myopie : comment protéger ses enfants ?
Extraits
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La myopie pourrait toucher la moitié de la population mondiale en 2050. Le risque de développer ce trouble visuel pendant l’enfance peut être réduit par des mesures simples : passer au moins 2h à 2h30 à l’extérieur tous les jours et limiter les activités sollicitant la vision de près.
Les projections sont alarmantes. […] Selon le professeur Nicolas Leveziel, « La myopie progresse principalement chez l’enfant, alors que l’œil est en croissance, surtout entre 7 et 12 ans, indique ce spécialiste, chef du service d’ophtalmologie du CHU de Poitiers qui se base sur une étude publiée dans le British Journal of Ophthalmology en 2022 par son équipe, ayant inclus environ 136 000 enfants âgés de 4 à 17 ans. […]
Cette flambée de la myopie s’explique principalement par des « facteurs environnementaux », même s’il existe aussi une part génétique, explique ce chercheur. L’évolution des modes de vie fait que l’on passe de plus en plus de temps à l’intérieur et que l’on mobilise davantage notre vision de près, deux comportements bien corrélés dans les études épidémiologiques avec l’augmentation du risque de myopie. […]
La myopie consiste en un excès de croissance de l’œil, qui s’allonge trop. « […]A partir de 26 millimètres, on considère qu’il s’agit une myopie forte, […] », explique la professeure Aude Couturier, cheffe du service d’ophtalmologie de l’Hôpital-Fondation Adolphe de Rothschild. […] L’enfance constitue une fenêtre idéale pour prévenir le risque de myopie et la freiner si celle-ci se déclenche. « C’est là où l’on a le plus de chance d’être efficace », souligne Aude Couturier, également directrice de l’Institut français de myopie, créé en 2024 […]. C’est d’autant plus important d’agir dans l’enfance que la myopie n’est pas qu’une question de gêne visuelle ou de port de lunettes. « Ce qu’il faut comprendre, c’est que chaque millimètre de plus augmente le risque d’avoir des complications à l’âge adulte », martèle la professeure.
Ainsi, la myopie engendre un risque accru de décollement de la rétine, un doublement du risque de cataracte précoce, et peut mener à la survenue précoce du glaucome et à des atteintes maculaires potentiellement graves voire à la cécité, liste l’Institut d’éducation médicale et de prévention (IEMP), à l’origine de la Semaine nationale de la myopie, dont la prochaine édition aura lieu du 23 au 29 novembre 2026. « Dans une étude que nous avons publiée il y a quelques années, […], presque 10% des personnes avec une myopie de plus de -6 dioptries étaient malvoyants ou aveugles à l’âge de 60 ans ou plus », rapporte Nicolas Leveziel, qui a créé en 2012, conjointement avec des patients myopes une association pour aider les patients souffrant de myopie forte, l’AMAM.
La première des mesures de prévention pour les enfants est qu’ils passent au minimum 2h à 2h30 dehors par jour. […] Chaque heure supplémentaire passée à l’extérieur par semaine diminuerait le risque de myopie de 2%.
[…]
“La lumière du jour favorise la sécrétion de dopamine, qui a un effet freinateur sur la croissance du globe oculaire. Cela pourrait donc expliquer l’impact bénéfique de la lumière du jour sur la myopie, tandis que le travail sur écran est associé à un risque plus important de développer une myopie”, ajoute Nicolas Leveziel.
La deuxième grande mesure de prévention consiste à limiter les activités sollicitant la vision de près. « On pense tout de suite aux écrans mais nous n’avons pas de preuves scientifiques que les écrans sont responsables de l’augmentation de la myopie. […]
Cela étant dit, les recommandations s’orientent généralement vers la réduction du temps d’écran car c’est l’âge où les enfants apprennent à lire. […]. Pour ce qui est de la lecture, les spécialistes recommandent d’utiliser un bon éclairage, de respecter une distance de 30 cm entre le support et les yeux et d’appliquer la règle des 20-20-20 : faire une pause toutes les 20 minutes, pendant 20 secondes en regardant à 20 pieds (environ 6 mètres).
Il est aussi important de dépister la myopie le plus tôt possible. « Il est recommandé de faire un contrôle chez un ophtalmologue dès l’âge de 4 à 5 ans, d’autant plus s’il y a des antécédents de myopie dans la famille », indique Aude Couturier. Si un enfant semble gêné avant cet âge (il plisse les yeux, se rapproche de ses livres, se plaint de voir flou…), il ne faut pas hésiter à consulter […].
Détecter tôt une myopie, c’est se donner d’autant plus de chance de la freiner. « Il existe des méthodes qui fonctionnent plutôt bien même s’il y a une variation individuelle car certains enfants n’y répondent pas, rapporte la cheffe du service d’ophtalmologie de l’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild. […]
A l’heure actuelle, quatre solutions ont prouvé leur efficacité : les verres de freination, les lentilles souples de freination à porter le jour, les lentilles rigides à porter la nuit (qui dispensent de correction le jour) et les collyres à base d’atropine microdosée. « Ces collyres sont actuellement des préparations hospitalières mais ils devraient bientôt être disponibles en pharmacie de ville », souligne Nicolas Leveziel.
Certains pourraient se demander pourquoi s’embêter à freiner la myopie dans l’enfance si cette pathologie est opérable à l’âge adulte. C’est parce que cette chirurgie réfractive corrige la vision mais pas la forme allongée de l’œil ni, donc, les risques associés à la myopie. « Après l’opération, les patients voient bien, ils sont guéris de la myopie d’un point de vue réfractif mais ils ont toujours l’épée de Damoclès des complications de la myopie », appuie le chef du service d’ophtalmologie du CHU de Poitiers. D’où l’importance de continuer le suivi ophtalmologique à l’âge adulte, même après une chirurgie réfractive qui ne leur évitera pas les complications inhérentes à la myopie.
Jessica Berthereau Les Échos Le 11 juillet 2026
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